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Passe-moi Les Clefs
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Passe moi les clefs j’te dis
Passe moi les clefs
Passe moi les clefs j’te dis
Passe moi les clefs
Passe moi les clefs

J’suis blanche, tu vois
Tu vois j’suis blanche
Bon ok pas pour très longtemps
S’il pleut tout disparaît
C’est une illusion
Comme tout ce que tu as construit
Ton pouvoir, ton privilège, ton suprême
Une illusion qui a bien marché
Car Now I’m White

Passe moi les clefs j’te dis
Passe moi les clefs
Passe moi les clefs que j’ouvre cette porte

Je veux tout, tout, ton pouvoir
Je veux tout, tout, ton privilège
Je veux tout, tout, ton suprême
J’veux tout, tout, tout maintenant
Passe moi les clefs, j’suis blanche

Now i’m white
Vas-y donne moi les clefs
Celle qui ouvre la perspective
Voir au travers
A la verticale j’suis blanche
A l’horizontale jsuis blanche
Au carré j’suis blanche
Sur toute les coutures, plus de doutes
j’suis là, tu me vois dans ton champ de vision
Passe moi les clefs, c’est moi qui conduit
Devant tes yeux, ta folie s’opère

 

On y va, on fonce
Ensemble jusqu’à la mort
C’est macabre et j’suis blanche
Blanche, blanche, blanche, blanche
Je crains plus rien,rien
Et donne moi tout
Ton centre d’art, c’est moi qui gère
Le bureau, la lumière, la vue sur le ciel bleu
Les plantes vertes
Ton MAC, je gère
A moi le monde blanc
J’arrive,j’suis blanche, ouvre les portes
Regarde moi j’suis blanche
J’ai pas du bail comme Mickaël
Un pot de peinture et le tour est joué
J’suis blanche
J’suis prise dans ton piège

Dans ton mensonge martelé par tous les temps

C’est vernaculaire
Alors Now I’m White
NOW
Not a funny game, it’s sérious !!!
Joséphine, tu rigoles....
C’est pas d’la chansonette pour les bonnes Zoreilles
J’suis blanche
Intégré,assimilé, tout bien comme il faut monsieur !!

Blanche dans ma langue,
Blanche sur ma peau

Blanche dans mes gestes
Blanche, blanche,blanche
Dans mes Maux, dans mon sexe
Blanche dans mon corps
Blanche quand je dors
Blanche quand je mange
Blanche et je vous dérange

Now I’m White
passe moi les clefs !!!!

Poeme Blanc
00:00 / 05:31

Elle ramasse des pétales de fleurs blanches
Elle les trempe dans l’eau blanche
Elle attend dans un azur blanc
Elle est assise sur une chaise blanche
Elle tient dans ses mains du fil blanc
La terre est blanche
Elle dessine au sol un rond blanc
Elle regarde au loin le ciel blanc
Elle attend dans un azur blanc
Impatience blanche
Elle ferme ses mains blanches
Elle sent le vent blanc
Sur son visage blanc
Ses pieds blancs piétinent dans la poussière blanche
Impatience blanche
A fleur de peau blanche
Elle a le cœur au bord des lèvres blanches
Avec panache et chic blanc
Elle rêve blanc
Elle vole blanc
Avec équilibre blanc
Verticale blanche
Elle entre dans le monde blanc
Coin blanc
Angle blanc
Avec bravoure blanche
Elle attend dans un azur blanc.

Poème Blanc - 2020 - Pièce Sonore
Production : Université Lyon III 

Poème Blanc est plus qu’un poème, il a été pensé pour Now I’m white et a évolué avec le projet de cette vidéo performance. S’il peut être présenté comme une déclinaison de ce projet, ce poème n’en est pas un accompagnement, ni un bruit de fond : Poème Blanc est bien plutôt une installation sonore, dessin musical donnant une nouvelle dimension à Now I’m White.  Chuchoté bien plus que déclamé,  susurré  à  l’oreille du regardeur, tel un secret.

         « Impatience blanche » : elle piétine dans ce blanc lancinant qui occupe l’espace et l’esprit. Volonté d’aller de l’avant, d’aller au-delà, ne pas être spectatrice du blanc, mais en être l’actrice : enfin entrer dans le monde blanc. Ce monde blanc qu’elle regarde, qu’elle foule, qu’elle dessine. « Elle entre dans le monde blanc » : celle qui se peint en blanc, enfin rentre dans le nouveau monde, celui du bon côté, acceptable, assimilant. Sa chair ne va faire qu’une avec la chair du monde, après tout, malgré tout, corps chair et monde vont s’unir autour d’un blanc structurant.

         « Elle attend dans un azur blanc » : avec  l’arrivée dans ce monde, le masque de l’assimilation tombe : c’est l’aliénation. La tension, lancinante, autant que la répétition frénétique de l’adjectif, ce blanc qui devient personne, écrasant le nominatif. C’est le blanc qui domine, il domine le poème, les autres couleurs, les esprits, les gens. La tension devient alors une tension vers un ailleurs, un au-delà du blanc, au-delà de l’aliénation. Une sortie du blanc mais pas du monde, avec lequel elle veut continuer à faire corps, mais différemment.

Alors, faute de mieux,
« Elle attend dans un azur Blanc »

Texte : Xavier PETIT Chercheur en Philosophie Esthétique
© Université Jean Moulin Lyon 3 - Service des affaires culturelles