“Je suis moi-même le soleil”

Sur une proposition de Liz Gomis -31Project - Paris, 2022

Après l'amour
Vue de l’installation ©Adagp
Paris – 2022

Crédit photo: Gandalf Goudard

Après l'amour Vue de l’installation ©Adagp Paris – 2022 photo ©Gandalf Goudard

« L’Europe n’est pas mon centre [...] Pourquoi voulez-vous que je sois le tournesol qui tourne autour du soleil ? Je suis moi-même
le soleil. » *
L’exposition collective «Je suis moi-même le soleil» / «I, Myself, Am The Sun» regroupe le travail de cinq artistes plasticiens de la diaspora africaine. Les œuvres de Hakeem Adam, M’Barka Amor, Valerie Asiimwe, Nú Barretto et Leonard Pongo interrogent les paroles du cinéaste sénégalais Ousmane Sembene.
 

Après l'amour Vue de l’installation ©Adagp Paris – 2022 photo ©Gandalf Goudard

Fétiche ChapeauBleu ©Adagp - Paris 2022 - Crédit photo: Gandalf Goudard

Quel est donc notre centre quand on est soi-même traversé par plusieurs espace-temps et réalités?

Comment repenser les géographies et superposer les cosmogonies pour créer une nouvelle réalité diasporique ?

Quand Sembène se targue d’être le soleil, il (s’)affranchit en irradiant de ses mots toute une génération d’artistes venus des suds. Cette exposition collective soumet les regards qui se voudraient dominants, à l’inexorable transformation de nos sociétés contemporaines et permet à chacun d’y redéfinir sa place et donc son centre. Un centre en constante redéfinition spécialement quand il est pensé hors des frontières du continent africain

Après l'amour Vue de l’installation ©Adagp Paris – 2022 photo ©Nicolas Brasseur

Vue de l’installation ©Adagp - Paris 2022 - Crédit photo © Nicolas Brasseur

Nous,artistes de la diaspora sommes ici, et « notre sang là-bas »pour reprendre l’expression qu’employait Leonard Pongo lors d’une de nos récentes discussions. Et si nous restons fortement attachés à nos pays d’origine, la notion de frontières apparaît comme plus fluide parce que nous traversons ces espaces régulièrement tant d’un point de vue physique que spirituel. Ainsi, les œuvres présentées dans cette exposition n’ont que peu de références à l’origine régionale des artistes. Chacune rend hommage à une mythologie africaine dans ce qu’elle dit sans dire, tout en symboles et références.

Le partage de ces mythes permet au photographe Leonard Pongo de brouiller les pistes ; aucune localisation n’est possible. « Primordial Earth » remet la nature au centre du jeu comme un retour aux sources et un premier point de départ entre deux mondes, visible, invisible.

Le visiteur croise les fétiches de M’Barka Amor et les « Homo imparfaits »tendus comme un miroir par Nú Barreto : ces alter ego rougit par le crayon céramique restent par définition perfectibles trouvant refuge dans les bras d’une communauté de destin.

Cette même communauté qui permet à la jeune artiste Valerie Asiimwe Amani de nous offrir une installation où tout est «liens » entre couture et teintures naturelles. Impossible à localiser vous disais-je parce qu’il est uniquement question ici d’union et de destins croisés.

L’artiste Hakeem Adam chorégraphie l’ensemble de cette exposition avec cette ombre sculpturale et fantomatique en surimpression photographique. « Nkrumah never dies! », comme pour rappeler que l’idéologie Panafricaniste n’a pas vraiment besoin d’être labellisée parce qu’elle est inscrite dans l’ADN de chacun des ressortissants de ce grand continent.

Liz Gomis – Avril 2022*

Interview de Ousmane Sembène ; extrait du film « Camera d’Afrique », 1983 par Férid Boughedir

Après l'amour Vue de l’installation ©Adagp Paris – 2022 photo ©Gandalf Goudard

Après l'amour, vue de l’installation ©Adagp - Paris 2022 - Crédit photo © Gandalf Goudard

Après l'amour Vue de l’installation ©Adagp Paris – 2022 photo ©Gandalf Goudard

Après l'amour, vue de l’installation ©Adagp - Paris 2022 - Crédit photo © Gandalf Goudard

Après l'amour Vue de l’installation ©Adagp Paris – 2022 photo ©Gandalf Goudard

Après l'amour, vue de l’installation ©Adagp - Paris 2022 - Crédit photo © Gandalf Goudard